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Dans cette conversation à baton rompu avec le phare le M17 se pose la question de savoir comment LOUIS MICHEL fût la 1ére personne au monde à communiquer la mort de LAURENT KABILA, il se pose une question:qui lui avait donné cette information?C'est à ce moment là qu'on connaitra les veritables temoins de la mort de l'ancien chef de l'etat. La réponse à cette question était simple si le remplaçant de Laurent Kabila était Colonel Kapend mais la présence de KANAMBE HYPOLITE et le soutien qu'il beneficie de LOUIS MICHEL est un élement de méfiance dans ce dossier dont le M17 exige l'enquete international comme c'est le cas avec Rafik HARIRI.



Eikukama réclame la comparution de Louis Michel


Le Phare (Kinshasa)

INTERVIEW
19 Janvier 2006
Publié sur le web le 19 Janvier 2006

Propos Recueillis Par Fidèle Musangu
Kinshasa

Profitant des manifestations commémoratives de l'assassinat de Mzee Laurent Désiré Kabila, le secrétaire général du M 17 a accordé une interview à chaud au Phare et dans laquelle il a réclamé la révision du procès pour connaître les véritables commanditaires de cet acte ignoble et lâche.

Comme il est établi qu'il y a des ramifications de ce complot à l'étranger, Augustin Kikukama rejette toute mesure d'amnistie avant qu'une juridiction de droit commun n'ait dit le droit sur la base d'un rapport lui présenté par une commission d'enquête internationale. Sans le désigner nommément, le secrétaire général du M 17 se demande comment le belge Louis Michel a été la première personne au monde à annoncer la mort de L.D. Kabila alors qu'il se trouvait à huit mille kilomètres du lieu du drame? Sa déposition est attendue pour éclairer la religion de cette cour de justice internationale, a t il indiqué. Si aujourd'hui, la communauté internationale se mobilise pour traquer les assassins de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri, comment peut on se permettre de faire bénéficier la loi d'amnistie à ceux qui ont tué un chef de l'Etat en exercice, s'est exclamé Augustin Kikukama?

Que représente pour votre parti la date du 16 janvier?

La date du 16 janvier est une date inoubliable, non seulement pour notre parti mais aussi et surtout pour la nation congolaise tout entière car nous avons perdu un digne fils de ce pays, un patriote, un homme qui s'est battu pour un nouveau Congo, un Congo démocratique, un Congo prospère et un Congo puissant. Oui, Laurent-Désiré Kabila est mort physiquement mais il est encore avec nous parce que tous les compatriotes se sont organisés pour poursuivre l'ouvre inachevée.

Il y a une controverse qui s'observe au sein de la famille qui se réclame de feu L.D. Kabila.

Le Héros National n'a jamais eu une double vision de la chose publique. La seule vision qui a guidé son action politique durant les trois ans passés à la tête de la République n'a été que celle de la bonne gouvernance, celle qui privilégie la souveraineté du pays, celle qui est liée au patriotisme. Sans pour autant m'ériger en donneur de leçons, je suis convaincu qu'à partir des actes posés par les uns et les autres, les Congolais et l'opinion savent distinguer ceux qui sont restés fidèles aux idéaux et aux enseignements nous légués par le Héros National. A mon humble avis, il n'y a pas controverse, il y a tout simplement amalgame entretenu délibérément pour flouer l'opinion.

En examinant vos actes et vos déclarations, votre parti le M 17 n'est pas dans la même ligne que celle du fils biologique de feu L.D. Kabila.

Le M 17 s'est toujours réclamé de feu L.D. Kabila, de sa pensée et de sa démarche politique et de la concrétisation de son programme. Alors, si l'actuel chef de l'Etat était dans la même ligne, je crois qu'il n'y aurait pas divergence. Cependant, nous observons qu'il a son propre programme politique qui est différent de celui de son défunt père, qu'il a sa propre méthodologie de travail qui est aussi différente de celle de feu L.D. Kabila, nous ne lui faisons pas de procès d'intention, nous respectons son opinion. Nous tenons ainsi à ce que l'on respecte notre opinion et seul le peuple souverain va juger qui est resté dans la ligne et la démarche politique de feu L.D. Kabila.

Trois mouvements politiques, à savoir les amis de Jeanot Mwenze Kongolo, le PPRD et le M 17 se réclament tous héritiers de L.D. Kabila. N'avez-vous pas l'impression d'avoir dispersé vos forces au risque de jouer le jeu des adversaires de celui dont vous vous réclamé?

Tout d'abord il faut signaler que L.D. Kabila n'appartient plus seulement à ceux qui se réclament de lui, il est devenu un patrimoine national. A ce stade du débat, l'important, ce sont les actes et les démarches que l'on pose. C'est par-là que les observateurs vont détecter celui ou celle qui est vraiment dans la ligne politique tracée par le Héros National. C'est comme les diverses sectes ou confessions chrétiennes, toutes se réfèrent à une même bible et à Jésus-Christ. Il va s'agir tout simplement séparer le bon grain de l'ivraie. Tout le combat livré par L.D. Kabila visait à instaurer la bonne gouvernance dans la gestion de la chose publique. Que dire alors de tous les cas de malversations financières et de détournement des deniers publics qui sont demeurés impunis? Le M 17 les a publiquement dénoncés en citant des noms des entreprises mafieuses et des personnalités impliquées dans ce genre des crimes économiques. Certes, vous me direz que des gens ont démissionné et remplacés, mais cela ne suffit pas, la justice devrait sévir sans pitié pour que ce genre des cas ne se répète plus jamais.

L.D. Kabila n'a jamais toléré cela. Le plus grave, c'est que l'argent que L.D. Kabila a laissé dans certains comptes du trésor a été confié à des groupes mafieux libanais qui non seulement ne l'ont pas remboursé mais surtout n'ont jamais rendu compte au gouvernement. Ce sont des bureaux de change appartenant à ces groupes mafieux libanais qui ont promis des devises étrangères au gouvernement. Chose impensable du temps de Mzee L.D. Kabila. Ce qui est difficile à croire, c'est que certains de ces gens à qui l'on a remis de l'argent avaient été expulsés en 1995 par le gouvernement de Léon Kengo Wa Dondo à cause de leurs activités liées à la contrefaçon, au blanchiment des narco dollars et aux liens qu'ils entretenaient avec la filière Al Qaïda. Ces gens, expulsés par Léon Kengo, sont curieusement revenus au pays au lendemain de l'assassinat de L.D. Kabila et c'est à eux que l'on a remis des sommes importantes d'argent pour acheter des devises étrangères qu'ils n'ont même pas reversées dans les comptes du trésor public. Comment des gens expulsés par une décision prise par l'Etat congolais sous Léon Kengo ont pu revenir sans que cette décision n'ait été revue ou abrogée, où est la continuité de l'Etat? De même, comment le gouvernement a pu confier une telle charge à des gens qui se livrent à des pratiques décriées et condamnées par la communauté internationale, notamment les liens avec la filière terroriste Al Qaïda. Cela est dangereux non seulement pour la sécurité du pays mais aussi celle des Etats amis qui nous font confiance.

Qu'attendez-vous pour saisir la justice internationale?

Ce n'est pas la première fois que nous dénonçons cette filière mafieuse. Nous avions déjà saisi le Parquet Général de la République. Les noms seront déposés au moment opportun devant la justice internationale dont ceux qui ont ouvert des institutions bancaires privées. Permettez-moi de relever le cas du belge Louis Michel qui se targue d'être démocrate mais dont le comportement nous rappelle celui de Léopold II, comme signalé dans l'une de vos récentes livraisons. IL se comporte comme si le Congo était devenu un protectorat dont il a la charge. Qu'on se rappelle que c'est lui qui à huit mille kilomètres à vol d'oiseau a été le premier à annoncer l'assassinat de L.D. Kabila au moment où les Congolais qui étaient à Kinshasa le croyait blessé et évacué au Zimbabwe pour des soins appropriés. Et comme des voix ne cessent de réclamer la réouverture du procès devant une juridiction de droit commun, son témoignage est le plus attendu et constitue une piste sérieuse pour expliquer à l'opinion tant nationale qu'internationale comment il a pu être le premier homme sur la planète Terre à apprendre la mort du président de la République. En matières criminelles, on demande toujours à qui a profité le crime. Sous Kabila père, Louis Michel ne pouvait pas se permettre un comportement qu'il affiche aujourd'hui en se mêlant sans gêne des affaires intérieures de la RDC, en s'opposant ouvertement et sans scrupule au désir exprimé par certaines forces politiques congolaises de recourir au dialogue pour un accord électoral, afin que les élections puissent se dérouler dans des bonnes conditions. Louis Michel a poussé le culot très loin jusqu'à se comporter en gouverneur général du Congo, celui qui a le dernier mot. Selon certaines rumeurs, son propre fils a des intérêts dans des entreprises minières qui exploitent des gisements riches au Katanga et dans les deux Kasaï. Ce sont là des éléments qui devraient intéresser la justice congolaise. C'est lui qui veut amener le pays vers un schémas à la Togolaise, on connaît déjà les vainqueurs et les vaincus, les élections ne seront qu'une formalité. C'est lui qui décide désormais sur le sort du Congo en lieu et place des congolais eux-mêmes.

L'actualité politique est focalisée pour le moment sur l'adresse du président national de l'UDPS de rejoindre le processus électoral. Que pense le M 17 à ce sujet?

L'UDPS est une organisation souveraine qui a décidé de rejoindre les autres forces politiques pour permettre au souverain primaire de se choisir librement et dans la transparence les animateurs des institutions de la IIIème République. Les dirigeants de ce parti frère et ami doivent avoir examiné toutes les voies possibles pouvant les rassurer que ces élections seront libres, démocratiques et transparentes. Cependant, au M 17, nous sommes d'avis qu'il faut un accord électoral, que les règles du jeu puissent être déterminées et que tous les acteurs politiques puissent se mettre d'accord sur cet arrangement. C'est pour cela que le M 17 a saisi la Cour Suprême de Justice pour qu'elle se prononce sur certaines violations de la loi référendaire, notamment la publication de deux différents projets de constitution, le fait que ce soit un sujet belge qui s'est vanté publiquement d'avoir rédigé le projet de constitution en lieu et place de l'assemblée nationale et du sénat comme stipulé dans la constitution de la transition et l'accord global et inclusif. Allons nous approuver un projet rédigé par un sujet étranger? En plus, dans l'exposé des motifs de ce projet de constitution, il est dit qu'entre 1996 et 2003, il y a eu une guerre civile au Congo. Mais la Cour Internationale de Justice, dans l'arrêt rendu dans l'affaire de l'Ouganda déclare qu'il y a eu agression perpétrée par ce pays au courant de la même période. Il s'agit là d'une grave contradiction qu'aucun nationaliste ne peut tolérer. Il y a ensuite certains articles qui sont de nature à créer la confusion quant à leur interprétation, notamment les articles 9, 10,40, 214, 217. Notre démarche devant la Cour Suprême de Justice ne doit pas être considérée comme une volonté de perturber le processus électoral, car si elle invalide ces résultats, les nouveaux élus qui sortiront des urnes auront l'occasion de rédiger un projet de constitution qui tiendra compte des véritables intérêts de la nation congolaise.

Le dit projet de constitution prévoit son mode de révision de sorte que si vous gagnez les élections, il suffira de réunir dans une pétition plus de cent mille signatures pour obtenir sa révision, pourquoi n'attendez-vous pas ce moment pour agir ?

Le jeu doit être clair. On ne peut pas se permettre de bâtir la nation congolaise sur du sable mouvant. En disant qu'il faut avancer même si les choses ne sont pas claires. Qui oublie que lors de la Révolution française, les troupes avançaient et derrière elles l'ennemi reprenaient les territoiresconquis? Nous ne voudrons pas ce genre de démarche qui fait semblant d'avancer mais en réalité on ne fait que du sur place pour revenir à la case du départ. C'est ce que Louis Michel veut imposer au peuple congolais. Dans une interview accordée au Potentiel, il déclarait que des progrès avaient été réalisés dans le programme de brassage des troupes en vue de sécuriser les élections. Je suis aujourd'hui étonné d'apprendre que l'on a prévu des opérations militaires des forces de l'Union Européenne pour sécuriser ces élections pendant et après. De deux choses l'une. Ou ces forces vont venir imposer des dirigeants qui ne seront pas élus et mater notre peuple ou alors pourquoi on ne prend pas son courage avec les deux mains pour reconnaître que l'on n'a pas atteint les objectifs fixés par l'accord global et inclusif, notamment la pacification du pays, le programme de brassage des troupes avant la tenue des élections et le rétablissement de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national. Il faut dire la vérité aux congolais et ne plus continuer à gérer le Congo comme à l'époque de la guerre froide où les choses ne marchaient pas mais on laissait faire et on fermait les yeux parce que le protégé avait été placé au pouvoir pour endiguer la montée du communisme. Et les résultats ont été catastrophiques: 32 ans de pouvoir et l'on est revenu à la case du départ

Revenons au débat qui fait rage dans les salons politiques et les chancelleries. Que pense le M 17 de la requête de l'UDPS pour rouvrir les bureaux d'enrôlement pour permettre à ses combattants de se faire enregistrer?

D'une part au M 17 on a eu à dénoncer les mécanismes dans lesquels les opérations d'enrôlement se sont déroulées. D'autant qu'on a délivré des cartes d'enrôlement sans pour autant identifier au préalable la personne qui se présentait. Combien d'étrangers se sont ils fait délivrer cette carte d'enrôlésdont la seule possession donne droit à la nationalité congolaise? Le M 17 reste convaincu que les opérations d'identification des nationaux relève de la compétence exclusive du ministère de l'Intérieur. La CEI n'est pas outillée pour ce genre d'opérations et au M 17, nous signons et persistons que la détention de cette carte d'enrôlement ne doit pas donner droit à la nationalité congolaise. Ce sont là des préalables que nous allons soumettre aux autres partenaires politiques et si l'on arrive à une harmonisation, nous pouvons continuer. Si l'UDPS est convaincue qu'en entrant dans le processus avec des sièges à la CEI et à la HAM, les élections ont plus de chance d'aboutir à des résultats satisfaisants et acceptables, nous lui souhaitons bonne chance.

Selon des sources encore confidentielles, certaines person-nalités congolaises seraient impliquées dans des crimes contre l'humanité commis dans l'Ituri.

C'est l'un des points que l'on doit examiner pour aboutir à l'accord électoral de manière à clarifier le jeu et le M 17 en fait un préalable. Notamment introduire le principe selon lequel tout celui ou celle qui aurait commis des crimes contre l'humanité, des crimes économiques soit écarté de la compétition électorale pour qu'au lendemain des élections le président de la République, le premier ministre ou le président de l'une des chambres du parlement ne soit pas poursuivi par le juge de la Cour Pénale Internationale. Tout récemment, la presse nationale a fait état des dépassements budgétaires exorbitants commis par les animateurs principaux des institutions de la transition. Quels sont les garde fou que l'on a mis en place pour que des actes de ce genre ne puissent pas se répéter? Voilà où doit nous conduire cet accord électoral que le M 17 appelle de tous ses voux afin que les échéances électorales prochaines se déroulent dans la sérénité et la transparence. Et que les résultats soient acceptés par tout le monde.

Un autre débat qui fait rage dans le microcosme congolais concerne la loi sur l'amnistie. Deux courants s'affrontent, d'un côté celui qui défend la thèse selon laquelle cette loi doit s'étendre aux condamnés dans l'affaire de l'assassinat de L.D. Kabila et de l'autre côté, celui qui refuse de considérer l'assassinat d'un chef de l'Etat comme un crime politique. Où se situe le M 17?

Dès lors que les patriotes congolais regroupés dans le M 17 exigent la révision de ce procès pour connaître les véritables commanditaires de ce crime crapuleux, nous ne pouvons pas accepter que les 30 condamnés soient amnistiés avant qu'une juridiction de droit commun n'ait dit le droit sur la base d'une enquête diligentée par une commission d'enquête internationale. Aujourd'Hui la communauté internationale se mobilise pour une enquête internationale sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri. Comment alors faire profiter la loi sur l'amnistie à des gens qui sont accusés d'avoir tué un chef de l'Etat en exercice de ses fonctions? D'un côté, on veut faire bénéficier la loi d'amnistie à ceux qui ont tué un chef de l'Etat et de l'autre côté, on met toutes les batteries en marche pour traquer par tous les moyens ceux qui ont tué un ancien Premier ministre. N'est ce pas une politique de deux poids deux mesures? Ce dossier devrait être confié à une juridiction internationale du fait que c'est une autorité belge du nom de Louis Michel qui a été la première personne au à informer le monde que le chef de l'Etat congolais venait d'être assassiné. Il y a donc des ramifications internationales que seule une juridiction internationale est en mesure d'examiner efficacement. D'autre part, l'arme du crime n'a jamais été retrouvée et d'autre part que l'assassin n'a pas été attrapé. Si c'est celui qu'on nous a présenté comme assassin l'a été réellement, on aurait retrouvé l'arme du crime sur lui. Tout indique que le véritable assassin est venu de l'extérieur et après son forfait il doit avoir bénéficié de certaines complicités pour prendre la clé des champs.

Selon la version officielle, M. Emile Mota, le directeur adjoint du cabinet du chef de l'Etat était présent lorsque Rachidi a tiré sur L.D. Kabila.

Souvenez-vous que cet arrêt rendu par la Cour d'Ordre militaire a établi que l'enquête se poursuivra. En outre, lors du procès le procureur général Alamba avait réfuté la version de M. Emile Mota selon laquelle il avait été présent quand Rachidi avait tiré sur le président de la République. Le M 17 reste convaincu qu'il faut une révision de ce procès car les familles des 30 condamnés continuent à clamer que la Cour d'ordre militaire n'a pas pu établir les preuves de culpabilité.

Le Phare: L'Ouganda vient d'être condamné par la justice internationale pour agression contre la RDC.Mais il reste le Rwanda.

A.Kikukama: Comme une juridiction judiciaire internationale a déjà dit le droit pour un cas similaire, il revient à notre gouvernement d'utiliser les voies diplomatiques et politiques pour saisir le conseil de sécurité qui par le canal d'une résolution pourra imposer des pénalités financières à l'Ouganda et entrevoir le cas du Rwanda qui en sa qualité de membre à part entière de l'ONU ayant bénéficié d'une assistance indéniable pour l'instauration d'un tribunal pénal international pour juger les criminels du génocide ne devrait pas ses soustraire de ses responsabilités dans les crimes d'agression et de pillage des ressources naturelles de la RDC.