Calendrier électoral

MALU-MALU ENTRETIENT DELIBEREMENT LA CONFUSION!

Le non respect de l’ordre organisationnel prévu par l’Accord global est une tricherie

Par Dimbuka wa Dimbuka

Après la promulgation de la nouvelle Constitution le week-end dernier et l’adoption de la loi électorale par le parlement le mardi 21 février tard dans la nuit, la République démocratique du Congo est désormais dotée de tous les instruments juridiques permettant à la Commission électorale indépendante (Cei) dirigée par Apollinaire Malu-Malu, président de cette institution, d’organiser les élections générales avant le délai butoir du 30 juin 2006.

La Cei qui ne dispose désormais que de quatre mois pour gagner le pari, se retrouve donc dans une course contre la montre donc la finalité consiste à doter le pays des organes dirigeants de la 3ème République allant des communes à la magistrature suprême. C’est là un pari dont le numéro un de la Cei semble avoir déjà compris toute la complexité, au point de confondre déjà vitesse et précipitation.

En effet, par crainte d’un vide juridique au sommet de l’Etat au cas où il n’organisait pas les présidentielles avant la fin de la transition fixée au 30 Juin 2006, le président de la Cei vient de proposer un calendrier électoral provisoire selon lequel les élections législatives devraient être combinées avec les présidentielles! Une idée qui risque non seulement de compliquer les scrutin mais aussi de faciliter la tricherie dans certaines circonscriptions électorales au regard de l’immensité du pays et d’autres réalités liées à la communication.

Puisque c’est la transparence qui doit faire la différence entre les scrutins attendus et ceux qui étaient organisés à l’époque du parti-Etat, la commission électorale indépendante a tout intérêt à respecter l’ordre chronologique qui avait été convenu par les acteurs politiques lors des négociations de paix en Afrique du Sud. Ce chronogramme repris dans l’Accord global et inclusif stipule que les scrutins devront commencer par les élections communales, puis législatives pour se terminer par les présidentielles.

Heureusement, cet ordre a été rappelé au président de la Commission électorale indépendante par le sénateur Cléophas Kamitatu lors du dernier débat parlementaire avant l’adoption de la loi électorale par les députés et sénateurs. Comme l’abbé-président de la Cei a résolu de consulter la classe politique avant d’élaborer le calendrier électoral définitif, nous osons croire que ce dernier n’ira pas à l’encontre de la volonté de la majorité.

L’engagement du président de la Cei sur la voie du consensus est un signe qui ne trompe pas. M. Malu-Malu a sans doute déjà pressenti l’incapacité de son institution à organiser toutes les élections dans le délai prévu c’est-à-dire avant le 30 Juin 2006!

Outre la promulgation de la loi électorale qui doit être faite par le Chef de l’Etat, l’étendue du territoire national dont la superficie rivalise avec celle de l’Europe Occidentale, l’inaccessibilité de plusieurs localités suite au mauvais état des voies de communication et la tension que l’ombre du général dissident Laurent, fait régner à l’Est de la RDC sont autant d’embûches que la Cei devra surmonter pour arriver à implanter 50.000 (cinquante mille) bureaux de vote sur l’ensemble du pays !

A l’allure où vont les choses, l’histoire risque encore de donner raison au parti d’Etienne Tshisekedi qui n’a cessé de réclamer un consensus avant d’aller aux élections.