28 avril 2006
RDCongo: l'engagement de la Bundeswehr, controversé en Allemagne
BERLIN (AFP) - vendredi 28 avril 2006 - 10h04 - Berlin s'apprête à s'engager en République démocratique du Congo, son premier engagement armé de taille en Afrique noire depuis l'époque coloniale: opération à risque, clament ses détracteurs, mais devoir de solidarité dans l'intérêt de l'Allemagne, plaide le gouvernement.
La mission militaire allemande en RDCongo, dans le cadre d'une force déployée par l'Union européenne (UE), devrait être avalisée en mai par le gouvernement, avant d'être examinée par le Bundestag où la "grande coalition" d'Angela Merkel dispose d'une écrasante majorité. Un vote favorable est attendu d'ici la fin du mois.
Le cabinet précédent de Gerhard Schröder avait affirmé en 2002 que l'Allemagne devait défendre sa sécurité sur "l'Hindu Kush" (en Afghanistan) contre le terrorisme. Cette fois, le gouvernement Merkel fait valoir que la stabilisation du géant africain aura des répercussions sur l'Europe et l'Allemagne, en endiguant l'immigration. L'opération sera coordonnée à partir de Potsdam, près de Berlin. Les troupes allemandes et françaises constitueront le noyau dur d'une force de quelque 1.250 hommmes, dont 800 en réserve à l'extérieur du pays.
Cette intervention de quatre mois de l'UE, à laquelle le Conseil de sécurité de l'Onu a donné son feu vert, est destinée à aider la force de l'Onu, la Monuc, à sécuriser les élections dans ce pays plus vaste que l'Europe, exangue après une guerre ayant fait plus de trois millions de morts. Mais pourra-t-on ramener au pays les soldats sains et saufs, et dans les temps, s'interroge la classe politique, alors que le ministre de la Défense, le conservateur Franz Josef Jung, joue sa crédibilité dans cette opération.
Alors que les moyens budgétaires sont très limités, l'opinion allemande, à la différence de la française, se mobilise peu pour un continent jugé lointain et indéchiffrable. Pour convaincre les critiques, M. Jung répète que les troupes allemandes seront cantonnées dans l'agglomération de Kinshasa.
"Nous n'avons pas le rôle d'assurer la sécurité de l'ensemble du Congo", a-t-il dit mercredi à la radio Deutsche Welle. Au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung, le ministre a précisé que cette limitation à Kinshasa vaut pour d'éventuelles opérations d'évacuation. Au cas où elles seraient nécessaires ailleurs, il dit s'être entendu avec Paris pour que "cette tâche soit assurée par les Français".
Les responsables allemands assurent qu'une force de police congolaise de 4.500 hommes évitera les débordements à Kinshasa et que le bon déroulement du scrutin dans la capitale est décisif pour l'ensemble du processus. Si des troubles devaient éclater après un scrutin contesté, "je crains que nous ne devenions une garde rapprochée d'un président impopulaire", s'est inquiété pourtant jeudi Martin Berg, membre de la direction de l'Association de la Bundeswehr, qui défend les intérêts des soldats.
De retour de Kinshasa, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Gernot Erler, s'est dit persuadé du caractère "dissuasif" de la mission européenne. Commentant certaines craintes congolaises d'un parti pris des soldats européens dans le scrutin, M. Erler a observé: "le pays dont on pense (en RDC) qu'il ne le fera pas, c'est l'Allemagne". Au registre des critiques, la députée libérale (opposition de droite) Elke Hoff juge que 500 soldats seront insuffisants pour une mégalopole comme Kinshasa.
"Que se passerait-il, s'interroge de son côté le quotidien Tagesspiegel, si des soldats français engagés en dehors de Kinshasa se trouvaient en danger? La Bundeswehr resterait-elle alors cantonnée sur le terrain plus sûr (de Kinshasa), détournant les yeux avec regret?" Au delà du Congo, des observateurs allemands prévoient déjà que Berlin sera appelé à envoyer de nouveaux soldats, dans le cadre de l'Otan, au Soudan à l'automne.
Malgré les intérêts que l'UE tireront du gateau RDC le monde politique occidental est toujours divisé car le lendemain mal préparé dès le depart favorise deja un climat malsain pour de nouveaux desordres
SAMY MUSAMPA BATENABABO UDPS/BELUX
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