14 juin 2006
La marche motorisée de l'UDPS a eu lieu encore ce matin
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Campagne à Lubumbashi
Site :www.acidhrdc.org
Lubumbashi, le 14 juillet 2006
COMMUNIQUE DE PRESSE N°0 11/07/06
Campagne électorale à Lubumbashi :
Les candidats et la Communauté internationale devraient observer la loi électorale, afin de garantir une bonne fin de la transition.
Dans un rapport d’une dizaine de pages, l’ACIDH a rendu public, ce vendredi 14 juillet 2006, le résultat partiel d’observation de la campagne électorale à Lubumbashi. Des irrégularités à la loi électorale sont constatées dans le chef de presque tous les candidats qu’ils soient de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) du candidat Joseph Kabila, Président sortant ; du Regroupement des Nationalistes Congolais (Renaco) de Jean Pierre Bemba, Vice-président sortant ; ou de la Convention des Démocrates Congolais (Codeco) de Pierre Pay Pay.
Le rapport liste des candidats qui ont violé l’article 30 de la loi électorale qui interdit l’affichasse des portraits sur des édifices publics. Quatre candidats à la présidence (Joseph Kabila, Jean Pierre Bemba, Pierre Pay Pay et Enock Mwamba) et beaucoup de candidats députés ne sont pas respectueux de la volonté populaire exprimée dans la loi électorale. L’article 31 interdit aux fonctionnaires de l’Etat ou agents de carrière des services publics en fonction de se livrer aux activités politiques propagandistes. L’exemple du Maire de la ville de Lubumbashi a été épinglé. Un jour il fait sa propre campagne électorale, un autre il prend des décisions contraignant ses concurrents à se conformer à la loi. En rapport avec l’article 34 qui interdit l’incitation à la violence, le rapport constate que les candidats se comportent bien à Lubumbashi, mais il relève une inquiétude de violence qui pourrait provenir des réactions aux multiples déclarations du Commissaire européen chargé du développement et de l'aide humanitaire, M. Louis Michel qui surchauffe les partisans d’un parti politique qui ne prend pas part au processus électoral en qualifiant leur leader de « chance ratée ».
Il est aussi constaté le manque de messages qui tiennent compte des problèmes réels de la vie quotidienne de la population congolaise. Les candidats reviennent sur l’actif collectif de la transition acquis grâce à l’accompagnement de la Communauté internationale et le constat déjà relevé par la population elle-même et les Ong sur la guerre, le pillage et le manque d’infrastructure de base : l’eau potable, l’électricité, les routes, les écoles, etc.
Analysant la situation particulière de la province du Katanga liée à l’esclavage moderne, l’exploitation minière et les crimes graves commis dans le nord de la province; aucun candidat n’a abondé dans le sens de les rencontrer, et ce malgré les multiples rapports d’Ong et des lettres pastorales sur les préoccupations de la communauté nationale.
Des descentes de terrain révèlent aussi que les déclarations de certains candidats à la radio et la télévision d’avoir pris en charge des taxes et quittances des marchés de Lubumbashi ; et des frais d’accouchement dans certaines maternités populaires ne se vérifient pas.
Au regard du silence observé par rapport aux problèmes de l’heure, l’ACIDH soulève des questions liées à la bonne gouvernance et la justice.
Il est demandé d’éclaircir la destination de plus de 500 millions de dollars américains, prêt de la Banque Mondiale, soit disant affectés à la lutte contre le Sida en RDC dont on dénonce le détournement. Plus de 3, 37 milliards de dollars américains pour 81 projets différents n’ont aucun impact sur la vie sociale du congolais. Où est investi cet argent ?
De l’avis des experts internationaux du secteur minier, et de la commission parlementaire Lutundula, le grand dépouillement du patrimoine de l’Etat s’est déroulé entre 2003 et 2006, bradant ainsi plus de 300 milliards de dollars de réserves de cuivre et de cobalt.
Quelle stratégie pour reprendre ce patrimoine extorqué ?
Un sentiment grandissant selon lequel la Communauté internationale a participé à « rouler » le gouvernement qui a fini par brader les concessions minières à l’avantage des multinationales. Comment renégocier ces contrats, afin de rencontrer ce sentiment populaire et ne pas gâcher les affaires ?
La justice dépend complètement du gouvernement qui s’est même investi à ne pas faire passer les lois essentielles qui assureraient une certaine indépendance aux magistrats.
Quelle proposition pour libérer la magistrature de cette emprise ? Des crimes graves, commis avant juillet 2002, échappent à la compétence de la Cpi. Comment procéder pour qu’ils ne restent pas impunis ? La procédure encours devant la Cpi semble s’embourber. Quelle est la solution ? Quelle proposition pour poursuivre des présumés auteurs des crimes contre l’humanité décriés par la population, comme Gédéon qui est logé et nourrit par le gouvernorat de la province du Katanga ?
Près de 950.000 congolais sont réduits à l’esclavage, travaillant à haut risque comme creuseurs artisanaux dans des mines de cuivre, cobalt, uranium, or, diamant, coltan, etc. sans contrat de travail. Des entreprises minières recrutent de la main d’œuvre non qualifié à l’étranger quand il y a des congolais qualifiés pour ces emplois. Quelle solution immédiate ?
En 2005, 108 cas d’abus de la liberté d’expression ont été enregistrés parmi lesquels les assassinats à leurs domiciles respectifs, le 02 juillet 2005 pour le journaliste Franck Ngyke Kangundu et son épouse; dans la nuit du 30 au 31 juillet 2005 pour Pascal Kabungulu, Secrétaire Général de l’ONG Héritiers de la Justice et le journaliste Bapuwa Mwamba à Kinshasa le 08 juillet 2006. Que prévoit le programme d’actions concernant la protection des journalistes, défenseurs des droits humains et syndicalistes ?
ACIDH
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