Elections Au Congo Kinshasa :

Peuple Congolais, Faites la Différence

Par Menda Kazayawoko

                                              Menda Kazayawoko mkazayawoko@charter.net 

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Les élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales prévues en République Démocratique du Congo (RDC) depuis 45 ans auraient été une occasion pour les Congolais, d’élire des femmes et des hommes disposant des atouts nécessaires pour (1) inspirer la confiance aux Congolais pour pouvoir décider leur destinée sans interférence extérieure ; (2) bâtir un Etat de droit démocratique ; (3) promouvoir la transparence dans la gestion économique et financière de la nation; (4) instaurer la sécurité nationale ; (5) promouvoir le progrès politique et socio-économique ; et (6) conduire les congolais à une indépendance totale.

Les Congolais ne doivent pas se permettre de prendre le processus électoral en cours à la légère. Combien d’importants rendez-vous avec l’histoire ce peuple devrait-il louper avant de se ressaisir? Le destin du Congo se trouve actuellement entre les mains de sa population car c’est à elle de faire la différence dans le processus en cours.  Nous devons comprendre en ce moment qu’il y a des hommes et femmes dont la motivation est égoïste et qui n’ont pas un cœur honnête pour servir la nation congolaise.  L’éloquence, l’élégance physique, la rhétorique et la démagogie ne doivent pas être confondues avec la bravoure, la compétence ou l’habilité de rendre service à la nation congolaise.  Il y a ceux qui se sont engagés aveuglement dans le processus actuel et le défend mordicus pour la simple raison de protéger, d’avancer, de servir les intérêts des Européens et Américains au dépend de ceux des Congolais. La population congolaise doit leur barrer la route et reprendre sa destinée puisque l’occident n’a pas d’intérêt à développer ce pays.  Il s’attelle plutôt à asseoir sa stratégie de dominance et d’exploitation (nous invitons le lecteur à lire l’article intitule «  Elections au Congo Kinshasa : Pourquoi Devrions nous Cesser de Compter sur l’Occident ».

Exclusion et Dictature

L’exclusion de certains compatriotes du processus électoral en cours ; sa manipulation et sa mauvaise gérance dans le but de faciliter l’élection de certains candidats ; son financement et son appropriation par la communauté Européenne sont des éléments que les Congolais doivent considérer pour décider d’aller ou pas aux élections.  Il est d’avis de nombreux observateurs que les élections prévues en RDC ne seront jamais libres, transparentes et démocratiques.  Que peut-on espérer d’un gouvernement formé dans ces conditions ?  La résultante ne sera rien d’autre que le renforcement de l’esclavage et du colonialisme, la dictature, la corruption, le détournement des fonds publics, l’expansion du SIDA, et le désespoir.  Qu’entendons-nous par «candidat du peuple, candidat d’unité » au moment où des milliers de nos compatriotes sont privés de l’exercice de leurs droits parce qu’ils préconisent la concertation et l’unité nationale?  A moins d’ignorer les évidences devant nous, la dictature est entrain de s’enraciner en RDC. Les violations des droits fondamentaux des citoyens, les arrestations arbitraires, la violation de la liberté d’expression  sont des marques du système dictatorial.

L’abandon du processus électoral entre les mains des Européens constitue une erreur monumentale et inconcevable pour un peuple qui se proclame libre, souverain, et indépendant.  Qu’à t-on fait du principe et de la détermination de libérer ce peuple de l’emprise Européenne?  En leur laissant le financement d’un processus si important à la liberté et l’indépendance du peuple, les Congolais se sont dépouillés de leur dignité, souveraineté et indépendance.  Peut-on alors se demander de la pertinence de ce processus pour les congolais si les décisions sont prises par les gouvernements Européens et Américains ?  En citant les propos du président de la Cenco, Mgr Monsengwo : « ce n’est pas un secret pour personne que, depuis bientôt dix ans, le pouvoir et le gouvernement en RDC ont été assujettis à des gouvernements étrangers. De sorte que le centre des décisions politiques et socio-économiques de la RDC se trouve en dehors du pays.  Il est temps que ce centre des décisions des institutions et spécialement celles du gouvernement de la République Démocratique du Congo revienne à l’intérieur du pays.  Seul un choix judicieux et responsable des hommes et femmes politiques appelés à diriger les institutions de ce pays peut redonner à la République Démocratique du Congo son indépendance et sa souveraineté ».  Le choix auquel les Congolais font face aujourd’hui est celui de continuer à suivre les prescriptions des Européens et Américains qui apparaissent aujourd’hui inefficaces ou d’opter pour un changement réel.  Les Congolais ne doivent pas compter sur la bonne foi des Européens et Américains pour normaliser la situation politique et socio-économique dans leur pays.  La clef au progrès politique et socio-économique se trouve entre leurs deux oreilles. Les Congolais doivent prendre conscience de leurs responsabilités vis-à-vis de leur nation. Ils doivent arrêter le processus en cours afin de le rapatrier au pays et le relancer sur de bases nationalistes et inclusives.

Front National et Unité Congolaise

Ce n’est pas l’édification des plates-formes électorales (CODECO, AMP, RENACO et FDC), l’exclusion et la force qui vont servir le Congo en ce moment précieux de son histoire.  Le problème relié à ce processus de regroupement des partis politiques est qu’il ne sera pas à mesure d’adresser la vraie cause de la crise congolaise.  Il risque plutôt d’accentuer les conflits politiques pour une simple raison que ce processus est entrain de naviguer sous la direction et l’autorité Européenne.  Le Congo serait mieux servit par les acteurs politiques en montant plutôt une plate-forme nationale pour reconquérir d’abord leur indépendance dans ce processus électoral.  Si les Congolais avaient attendus plus de 125 ans pour se libérer de la guillotine Belge et de la dictature Euro-Mobutienne et se retrouver finalement dans la misère, quelques mois de retard pour rapatrier le processus électoral entre les mains des Congolais et entamer des négociations politiques entre les Congolais ne pourraient qu’avoir des effets positifs en court-terme et long-terme sur le plan politique et socio-économique.  Les négociations politiques entre Congolais pour bâtir un front national pourraient répondre aux objectives ci-après: (1) reconquérir l’indépendance en refinançant le processus électoral et anéantissant toute intervention européenne à ce processus électoral ; (2) renégocier le prolongement du gouvernement de transition ; (3) réorganiser le processus électoral en tenant compte de la situation qui prévaut aujourd’hui au Congo ; et (4) organiser des élections libres, démocratiques et transparentes pour la restauration d’un Etat de droit et l’évolution de la démocratie dans ce pays.  Il appartient aux Congolais de décider s’ils veulent demeurer béquillards, mendiants et sous-développés ou participer à leur guérison en assumant les défis de redévelopper cette nation.  Ceux qui s’opposent à l’initiative de réconciliation nationale sont des ennemis et traîtres de la nation et le peuple congolais doit les combattre avec fermeté afin qu’ils ne prennent jamais la responsabilité de diriger ce pays.

Si les Congolais veulent le progrès, ils doivent indépendamment assumer les responsabilités et risques des programmes de développement de la société congolaise.  S’ils veulent assurer le progrès, les Congolais doivent être forts.  Si les Congolais veulent être forts, ils doivent travailler ensemble dans un Etat de droit démocratique pour repousser d’une façon effective toute intervention européenne qui a pour seul but de les distraire dans leur effort pour bâtir une nation libre, souveraine et indépendante.