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Le président Dadis CAMARA après le coup fatal

un accord de sortie de crise en Guinée a été signé vendredi 15 janvier à Ouagadougou, prévoyant un maintien "en convalescence" à l'étranger du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, et la tenue d'une présidentielle dans "six mois". Après deux jours de difficiles tractations, l'accord a été signé par le capitaine Camara, le général Sékouba Konaté, président intérimaire, et le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabé Blaise Compaoré.

Le chef de la junte, blessé à la tête par balle lors d'une tentative d'assassinat le 3 décembre, "prend librement un temps de convalescence tout en restant disponible pour apporter sa contribution aux acteurs de la transition", selon le texte. L'accord prévoit également la création d'un "conseil national de transition", la mise en place d'un "gouvernement d'union" dirigé par un "premier ministre, président du conseil des ministres, issu du Forces vives [opposition, syndicats et société civile]", et l'organisation d'élections "dans six mois".

La communauté internationale soutient le chef intérimaire de la junte, le général Sékouba Konaté, qui s'est dit prêt à partager le pouvoir avec l'opposition. Le 6 janvier, il avait annoncé que le premier ministre de la transition serait "issu de l'opposition" et "désigné par elle-même". Mais les opposants à la junte, incapables de s'entendre, ont dans le même temps proposé deux noms au poste de premier ministre : l'opposant Jean-Marie Doré et la leader syndicaliste Rabiatou Sérah Diallo. Ils laissent ainsi le choix au général Konaté de le désigner à leur place.

Après avoir été hospitalisé au Maroc pendant cinq semaines, Camara a été déposé, contre son gré, à Ouagadougou mardi 12 janvier. Le chef de la junte avait été blessé par balle le 3 décembre 2009 par son aide de camp, Aboubacar "Toumba" Diakité. Les deux hommes se rejetaient la responsabilité du massacre d'au moins 156 opposants, le 28 septembre 2009. L'éventualité de son retour en Guinée provoquait une certaine nervosité à Conakry où la transmission du pouvoir des militaires aux civils a pris forme avec son éloignement. La communauté internationale, France et Etats-Unis en tête, redoutait également son retour en Guinée.

Le capitaine Moussa Dadis Camara est apparu amaigri vendredi (première photo) avec une longue cicatrice sur le coté droit du crâne, lors de sa première sortie publique depuis la tentative d'assassinat du 3 décembre. Il était en tenue civile, avec un blouson beige sur un pantalon de toile vert, avec des lunettes de vue. Cette tenue contrastait avec celles de commando parachutiste, larges lunettes de soleil et béret rouge, qu'il affectionnait en public avant le 3 décembre (deuxième photo). Il marchait seul, sans aide, mais lentement. Le visage figé, il n'a pas parlé durant la cérémonie, se contentant de signer le document de sortie de crise pour la Guinée.