Des miliciens du groupe Bakata Katanga en train de déposer leurs armes au bureau de la Monusco/Lubumbashi, samedi 23 mars 2013 Ph. Kabena

Trois défenseurs des droits de l’homme de Lubumbashi se sont réfugiés à l’étranger pour fuir les menaces de mort qu’ils disent recevoir. L’un d’eux a affirmé à l’AFP, ce vendredi 19 avril, qu’ils vivaient cette situation depuis la rédaction de  leur rapport sur l’entrée fin mars de miliciens Bakata Katanga dans la ville de Lubumbashi.

«Je suis contraint de fuir (…) face aux menaces de mort téléphoniques par des personnes inconnues, suite à notre rapport sur l’attaque armée de Bakata-Katanga», a témoigné l’un des militants, l’avocat Freddy Kitoko, du Centre pour la justice et la réconciliation, depuis son lieu d’exil.

«Des sources proches du pouvoir à Kinshasa nous ont vivement conseillé, nous tous auteurs du rapport, de fuir car le pouvoir, en colère, cherche à mettre fin à notre vie», a-t-il poursuivi.

Outre Freddy Kitoko, ces menaces visent également Jean-Pierre Muteba, du Cadre de concertation de la société civile du Katanga et Timothée Mbuya, de l’Association africaine de défense des droits de l’Homme (Asadho).

La société civile du Katanga avait publié, mardi 26 mars, un rapport dans lequel elle citait des personnalités qui, selon elles, sont les commanditaires de l’affaire Bakata Katanga. Ce document mettait en cause le président de l’assemblée provinciale, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu, et le général John Numbi, le chef de la police suspendu depuis l’assassinat en 2010 du militant des droits de l’Homme Floribert Chebeya.

« La population du Katanga attend que le chef de l’Etat aille plus loin. Qu’on continue à suspendre, qu’on révoque, qu’on suspende au niveau national mais aussi qu’on traduise en justice les commanditaires, que nous avons cité dans notre rapport », avait alors affirmé Jean-Pierre Muteba.

Mais, dans une conférence de presse le lundi 1er avril, les avocats du général John Numbi avaient clamer l’innocence de leur client dans l’incursion des miliciens à Lubumbashi, samedi 23 mars dernier. Ils ont même exigé des enquêtes indépendantes pour faire la lumière sur cette affaire.

Ce jour-à, les Maï-Maï Bakata Katanga sont entrés à Lubumbashi, avec leurs armes. Après des accrochages avec les FARDC, ils se sont rendus au bureau local de la Monusco où ils ont déposé leurs armes. Le lendemain, plus de 200 d’entre eux ont été transférés dans la prison militaire de Ndolo à Kinshasa où ils sont depuis entendus par l’auditeur militaire.


KONGOLO KATOLO Saddam

UDPS/Bruxelles