Moïse Katumbi, gouverneur du Katanga en République démocratique du Congo. Crédits photo: FEDERICO SCOPPA/AFP

Moïse Katumbi a officiellement démissionné du gouvernorat de Katanga, ainsi que du parti présidentiel de Joseph Kabila. Il appelle à la création d'un large mouvement autour des valeurs démocratiques et républicaines.

Suivant l'exemple de Denis Sassou Nguesso, son voisin au Congo-Brazzaville, Joseph Kabila, président de la République Démocratique du Congo, semble bien décidé à se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats légaux qui prendront fin en novembre 2016. Mais il trouvera sur sa route le Gouverneur du Katanga en fin de mandat. Moïse Katumbi a en effet officiellement démissionné le 30 septembre 2015 du parti présidentiel pour, a-t-il dit dans une déclaration politique publique, «reprendre sa liberté d'action et de parole».

La cinquantaine sportive, Katumbi est un entrepreneur qui a réussi dans les affaires, puis dans l'administration de la plus vaste et riche province du Congo. En Afrique, mais aussi en France, en Belgique et aux Etats-Unis, on le considère comme le principal opposant à Joseph Kabila et son possible successeur. Katumbi a expliqué sa démission par des «signaux alarmants» indiquant que tout semble mis en œuvre pour ne pas respecter la Constitution. Il dénonce l' instrumentalisation la Cour constitutionnelle par le président Joseph Kabila, qui entretient retards, flou et illisibilité du cycle électoral, et qui élabore une stratégie de glissement des dates des scrutins.

Peu de doutes sur ses ambitions

Il condamne aussi fermement le recul de l'Etat de droit au cours des années récentes. En janvier 2015, des manifestations contestant un projet de loi électoral conditionnant l'organisation des élections présidentielles au recensement général de la population avaient fait 42 morts selon la Fédération Internationale des Droits de l'Homme. Depuis lors, la tension n'a cessé d'augmenter. Avec cette démission, les forces contestatrices du pays ont peut-être trouvé leur leader.

En concluant sa déclaration par un appel à la création d'un large mouvement autour des valeurs démocratiques et républicaines pour «faire prendre conscience à tous les congolais qu'une transformation est possible», Moïse Katumbi laisse planer peu de doutes sur ses ambitions. Reste