La France a appelé jeudi 12 mai les autorités congolaises à préparer « de bonne foi » les élections au lendemain d'une décision autorisant le président Joseph Kabila à rester en fonction si la présidentielle prévue en 2016 n'a pas lieu.

« La priorité doit aller à la préparation active et de bonne foi des élections, seule source de légitimité populaire », a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

« Il appartient aux autorités congolaises d'assumer leurs responsabilités à cet égard », a-t-il souligné en déplorant « la dégradation de l'environnement politique et sécuritaire » dans ce pays.

Au pouvoir depuis 2001, Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter, pourra rester en fonction au-delà du terme de son mandat, fin 2016, si l'élection présidentielle censée avoir lieu cette année est reportée, selon un arrêt rendu mercredi par la Cour constitutionnelle.

« La France appelle également au respect de l'État de droit afin qu'un débat serein s'engage dans la perspective des élections », a ajouté le porte-parole du Quai d'Orsay.

Paris condamne également « avec la plus grande fermeté (…) la recrudescence des exactions » dans le nord-est du pays et appelé les autorités, aidées par les Casques bleus, à « concentrer leurs efforts sur la protection des populations civiles, notamment les plus vulnérables ».

Trente civils au moins ont été tués en l'espace d'une semaine dans des massacres attribués à des rebelles ougandais dans l'est de la République démocratique du Congo, a indiqué mercredi la Mission de l'ONU dans ce pays.

L'est de la RDC est déchiré par les conflits depuis plus de vingt ans.

La Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) et le gouvernement congolais tiennent les miliciens des Forces démocratiques alliées (ADF), une rébellion musulmane ougandaise, pour responsables d'une série de massacres dans cette région, mais cette opinion ne fait pas l'unanimité.